Alpha, Bêta… Non, ce n’est pas un cours de grec (promis !)

Vous y êtes.

Vous avez passé des mois (voire des années) en tête-à-tête avec votre clavier. Vous avez bu l’équivalent d’un petit lac en café, survécu à la page blanche, et enfin… le mot « FIN » s’affiche sur votre écran.

Félicitations !

Vous venez de donner naissance à un manuscrit.

​Mais voilà, après l’euphorie vient le grand frisson. Votre histoire est-elle aussi géniale dans la réalité que dans votre tête ? Vos personnages ne sont-ils pas un peu clichés ? C’est précisément à ce moment-là qu’entrent en scène deux créatures légendaires du monde éditorial : l’alpha-lecteur et le bêta-lecteur.

​Ne fuyez pas, je vous explique tout avec douceur (et sans jargon de matheux).

L’alpha-lecteur : le compagnon du chaos

L’alpha-lecteur intervient au tout début. C’est le premier être humain (en dehors de vous) à poser les yeux sur votre texte. Parfois même alors que l’histoire n’est pas finie !

​Son super-pouvoir : il sait lire dans le désordre et sous la poussière. Il intervient sur un premier jet encore brut de décoffrage.

​Ce qu’il traque : les énormes incohérences scénaristiques (comme un personnage qui meurt au chapitre 3 et revient commander un café au chapitre 8), le rythme général et la structure.

​Profil type : un ami très proche doté d’une patience d’ange, votre conjoint(e) (s’il ou elle survit à vos monologues de 2h dès le matin), ou un autre auteur qui comprend la douleur du premier jet.

​En résumé : l’alpha-lecteur voit votre livre en mode « chantier de construction ». Il s’en fiche s’il manque des fenêtres ou si la peinture n’est pas faite ; ce qu’il veut savoir, c’est si les fondations vont s’effondrer.

Le bêta-lecteur : le crash-test de l’histoire

Le bêta-lecteur, lui, arrive quand le chantier est propre. Vous avez déjà corrigé, poli et relu votre texte. C’est votre filet de sécurité avant d’envoyer votre bébé aux maisons d’édition ou de le publier sur les plateformes de vente.

​Son super-pouvoir : il se glisse dans la peau de votre futur « vrai » lecteur.

​Ce qu’il traque : les longueurs qui font bailler, les personnages agaçants sans le vouloir, les révélations qui tombent à l’eau ou les petites fautes qui ont échappé à votre vigilance (le fameux cerveau qui lit ce qu’il veut lire).

​Profil type : des lecteurs passionnés de votre genre littéraire, qui ne vous connaissent pas forcément personnellement (pour une objectivité maximale !).

Mais alors, quelles sont les différences, concrètement ?

Quand faire appel :

À un alpha : pendant ou juste après la fin du premier jet ;

À un bêta : après plusieurs réécritures et corrections (et va y en avoir…).

L’état de votre texte :

Avec un alpha : brut, avec toutes les fautes et les incohérences ;

Avec un bêta : propre, fluide, presque fini.

L’objectif :

De l’alpha : valider l’idée, la structure, l’intrigue ;

Du bêta : valider les émotions, le rythme, le climax et les dernières coquilles.

Le lien avec vous :

L’alpha : un.e véritable complice d’écriture ;

Le bêta : il est plus distant pour refléter le client test parfait.

Pourquoi c’est un acte d’amour (envers votre livre) de faire appel à eux ?

On le sait, confier son manuscrit, c’est un peu comme envoyer son enfant à l’école en pyjama : on se sent terriblement vulnérable. On a peur du jugement.

Mais voici un petit secret : l’alpha et le bêta-lecteur sont dans votre équipe. Ils ne sont pas là pour vous dire que vous écrivez mal, mais pour vous aider à faire briller votre histoire autant qu’elle le mérite.

Faire appel à eux, c’est s’offrir :

Un miroir bienveillant : pour sortir de votre bulle d’auteur (où tout est clair dans votre tête, mais pas forcément sur le papier).

Un boost d’énergie : parce qu’un commentaire du style « oh mon dieu, je n’avais pas vu venir ce twist ! », ça redonne instantanément l’énergie d’écrire trois autres tomes !

Un gain de crédibilité : un livre bêta-lu est un livre qui a mûri. Vos futurs lecteurs vous remercieront.

Alors, on se jette à l’eau ?

Écrire est un sport solitaire, mais éditer un livre est une aventure collective.

Alors respirez un grand coup, détachez-vous un petit peu de votre ego d’écrivain, et allez chercher vos précieux relecteurs.

Votre manuscrit n’attend que ça pour déployer ses ailes !

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Écrire un roman sans avoir d’alpha ou de bêta-lecteurs, c’est miser entièrement sur l’idée que le reste du monde partagera forcément notre vision des choses… Terrible erreur !

Léa Schoen


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